La Banque centrale européenne est en passe de relever son taux d'intérêt directeur de 25 points de base lors de la réunion du Conseil des gouverneurs des 9-10 septembre, portant le taux de la facilité de dépôt de 2,25 pour cent à 2,50 pour cent. De nouvelles déclarations du membre du Conseil des gouverneurs Primoz Dolenc et une lecture de l'inflation plus forte que prévu ont renforcé les arguments en faveur d'une deuxième hausse consécutive.
Dolenc défend sa position à Jackson Hole
Dolenc, gouverneur de la Banque de Slovénie, a déclaré à Bloomberg dans un entretien depuis le symposium annuel de la Réserve fédérale à Jackson Hole le 28 août que "les arguments sont là pour une hausse en septembre afin de préserver notre objectif d'inflation". Il a ajouté que les dernières données montrent que "la situation de l'inflation ne se résout pas d'elle-même" et que la BCE "ne devrait pas attendre" que les effets de second tour de la hausse des coûts de l'énergie se matérialisent avant d'agir.
"Si les agents économiques ne croyaient pas que nous sommes capables d'atteindre [l']objectif d'inflation, les effets de second tour pourraient devenir une réalité", a déclaré Dolenc. Il a suggéré que décembre, lorsque la BCE recevra des projections macroéconomiques actualisées couvrant les trois prochaines années, serait le moment approprié pour réévaluer la trajectoire de la politique monétaire.
Dolenc a également rejeté les inquiétudes concernant le taux neutre, le qualifiant de "pas une science exacte". Il a fait valoir que la hausse des rendements des obligations d'État est "en réalité dans notre intérêt" car ancrer les anticipations d'inflation sur l'objectif de 2 pour cent face à un choc du côté de l'offre exige une position plus restrictive qu'avant le choc.
L'inflation accélère à 3,3 pour cent
Les prix à la consommation de la zone euro ont augmenté à un rythme annuel de 3,3 pour cent en août, selon une estimation rapide, contre 2,9 pour cent en juillet, soit le rythme le plus rapide depuis 2023. Les coûts de l'énergie sont restés le principal moteur, reflétant l'impact continu du conflit au Moyen-Orient sur les marchés du pétrole et du gaz.
Cette accélération a surpris de nombreux économistes qui s'attendaient à un plateau de l'inflation. L'inflation sous-jacente, qui exclut les prix volatils de l'alimentation et de l'énergie, est également restée élevée, ce qui renforce l'argument selon lequel les pressions sur les prix s'élargissent plutôt qu'elles ne s'estompent.
Le procès-verbal de juillet renforce le biais restrictif
Un compte rendu de la réunion de politique monétaire de la BCE des 22-23 juillet, publié le 27 août, a montré que les membres du Conseil des gouverneurs ont discuté de la nécessité éventuelle d'une politique monétaire "légèrement restrictive" pour garantir le retour de l'inflation à l'objectif de 2 pour cent. L'économiste en chef Philip Lane a indiqué que 2,50 pour cent constitue actuellement la limite supérieure de la fourchette dans laquelle les coûts d'emprunt peuvent être considérés comme neutres.
D'autres membres du Conseil des gouverneurs ont renforcé le ton restrictif. La membre du Directoire Isabel Schnabel a déclaré à Bloomberg plus tôt dans la semaine qu'un resserrement supplémentaire est nécessaire pour ramener la hausse des prix vers l'objectif, tandis que Martins Kazaks, de Lettonie, a déclaré que la BCE est bien placée pour agir si nécessaire.
Ce que les marchés intègrent
Les marchés financiers intègrent désormais une hausse des taux en septembre avec une probabilité de pratiquement 100 pour cent, selon les données des swaps d'indices au jour le jour. Les investisseurs penchent également pour au moins une hausse supplémentaire après septembre, bien que Dolenc et d'autres responsables politiques aient signalé une préférence pour une pause afin d'évaluer les données après un deuxième mouvement.
La décision de la BCE sera également façonnée par les projections économiques actualisées attendues lors de la réunion de septembre. Les projections des services intégreront la dernière trajectoire des prix de l'énergie et tout signe d'effets de second tour émergeant dans les négociations salariales à travers la zone euro.
Ce qu'il faut surveiller
Les principales publications de données des prochaines semaines détermineront si la hausse de septembre marque la fin du cycle de resserrement actuel ou le début d'un cycle plus long. L'estimation rapide de l'inflation de septembre, attendue début octobre, et les chiffres du PIB du troisième trimestre seront suivis de près. La réunion de décembre, au cours de laquelle la BCE publiera de nouvelles projections, pourrait marquer un tournant dans le débat sur la politique monétaire.
Un porte-parole de la BCE a refusé de commenter les remarques de Dolenc.
Sources
- Bloomberg, "ECB's Dolenc Says September Rate Hike Has Strong Case on Inflation," August 28, 2026 (bloomberg.com)
- MoneyControl, "ECB should raise rates in September to safeguard inflation target, says Primoz Dolenc," August 28, 2026 (moneycontrol.com)
- ECB, "Account of the monetary policy meeting of 22-23 July 2026," August 27, 2026 (ecb.europa.eu)
- Briefs Finance, "Eurozone Inflation Hits 3.3 Percent as Energy Costs Soar," August 28, 2026 (briefs.co)