Takuji Aida, economiste en chef pour le Japon chez Credit Agricole et conseiller economique de la Premiere ministre Sanae Takaichi, a avance sa prevision de la prochaine hausse des taux de la Banque du Japon de janvier 2027 a septembre 2026, anticipant des augmentations trimestrielles jusqu'au debut de l'annee prochaine. Ce revirement de l'un des opposants les plus virulents au resserrement de la BoJ signale un consensus qui s'elargit au sein de l'administration japonaise, pourtant accommodante, sur la necessite de nouvelles hausses de taux pour enrayer la faiblesse du yen.
Aida a declare lundi que la BoJ devrait relever son taux directeur de 25 points de base a 1,25 pour cent lors de la reunion du 17-18 septembre, suivie d'une nouvelle hausse d'ici janvier 2027. Ensuite, il s'attend a ce que la banque centrale revienne a un rythme de resserrement a peu pres semestriel. "Le rythme premature et accelere des hausses de taux peserait sur l'economie", a averti Aida dans une note de recherche rapportee par Reuters, tout en projetant ces mouvements a court terme. Aida siege au sein du panel consultatif economique cle du gouvernement, ce qui confere a ses vues un poids supplementaire dans les cercles politiques.
Ce repositionnement est notable precisement en raison du parcours d'Aida. En tant que reflationniste de premier plan qui s'est constamment oppose au resserrement de la BoJ, son acceptation d'une hausse en septembre et d'un rythme plus rapide affaiblit la derniere voix dovish significative dans l'entourage de Takaichi. Cela aligne egalement l'appareil consultatif economique du gouvernement sur le consensus de marche : les swaps d'indices au jour le jour evaluent desormais le mouvement de septembre a 100 pour cent, contre 80-90 pour cent la semaine derniere seulement.
Une fenetre etroite avant la session parlementaire
Aida a cite la session extraordinaire du parlement, qui se reunit debut octobre, comme facteur cle. Les parlementaires debattront de la legislation portant sur le projet de Takaichi de suspendre pendant deux ans une taxe a la consommation de 8 pour cent sur les produits alimentaires, une politique phare qui exige des marges de manoeuvre budgetaires. Une hausse des taux en septembre, avant l'ouverture de la session, evite toute perception selon laquelle la politique monetaire serait calibree en fonction du calendrier politique, tout en repondant a la faiblesse du yen avant qu'elle ne se repercute davantage sur les prix a l'importation.
Le contexte politique a change depuis que le gouverneur Kazuo Ueda a signale son ouverture a un mouvement en septembre lors de la reunion des ministres des Finances du G20 a Asheville, en Caroline du Nord, la semaine derniere. Ueda a declare que le conseil deciderait de la politique monetaire en accordant une attention accrue aux risques haussiers sur les prix, l'inflation sous-jacente se rapprochant de l'objectif de 2 pour cent de la BoJ. Le secretaire au Tresor americain Scott Bessent a ajoute une pression externe, appelant a une "formulation et une communication saines de la politique monetaire afin d'ancrer les anticipations d'inflation et d'eviter une volatilite excessive du taux de change" dans une declaration conjointe apres sa rencontre avec Ueda.
Implications plus larges pour le cycle de resserrement
Si la projection d'Aida se materialise, la BoJ releverait ses taux trois fois en environ neuf mois, un rythme sans precedent depuis l'epoque de la politique de taux zero. Le taux de reference atteindrait 1,50 pour cent d'ici janvier 2027, un niveau qui n'avait plus ete observe depuis la crise financiere mondiale. Ce changement marquerait aussi une rupture avec les intervalles de six mois qui ont caracterise le cycle de normalisation de 2024-2025.
Toutefois, l'avertissement d'Aida lui-meme sur le cout economique d'un resserrement plus rapide suggere que la BoJ pourrait encore marquer une pause si les donnees a venir decoivent. La croissance des salaires, les depenses des menages et les donnees sur les prix des entreprises au Japon, attendues avant la reunion de septembre, seront suivies de pres. Le yen s'echangeait pres de 160 pour un dollar lundi en debut de journee, toujours eleve malgre $98.7 milliards de depenses d'intervention conjointes americano-japonaises fin juillet, ce qui souligne l'urgence qui a pousse meme les colombes a accepter un resserrement monetaire.
Sources
- [Reuters via MSN: Takaichi's reflationist aide projects Bank of Japan rate hike in September](msn.com) (September 7, 2026)
- [The Standard: Takaichi adviser says BOJ likely to raise rates in September and continue quarterly hikes](thestandard.com.hk) (September 7, 2026)
- [IndexBox: BOJ Expected to Hike Rates in September, Says PM Adviser](indexbox.io) (September 7, 2026)