La Banque centrale européenne a autorisé UniCredit à appliquer la méthode dite du compromis danois dans le calcul des ratios de capital consolidés du groupe, a annoncé lundi le géant bancaire italien. Ce changement, effectif à compter de la publication des résultats du troisième trimestre 2026, devrait procurer un bénéfice d'environ 52 points de base sur le ratio CET1 du groupe, sur la base de la position de capital à fin juin 2026.
Dans le cadre du compromis danois, les participations dans les assureurs peuvent être traitées en appliquant des pondérations de risque plutôt qu'en les déduisant du capital réglementaire. L'autorisation supprime un frein réglementaire important sur la position de capital d'UniCredit, à un moment où la banque façonne activement sa relation avec l'assureur Generali, dont elle détient 8.8 percent du capital. Avec ce nouveau traitement, la participation dans Generali devient nettement moins consommatrice de capital, ce qui renforce la marge de manœuvre d'UniCredit pour un engagement accru éventuel avec le groupe basé à Trieste.
L'approbation était anticipée dans les plans de capital d'UniCredit mais restait soumise au feu vert prudentiel. La banque, dirigée par le directeur général Andrea Orcel, travaillait à un traitement prudentiel favorable de ses portefeuilles d'assurance depuis septembre 2024, date à laquelle elle a annoncé l'intégration en interne de ses activités de bancassurance vie en Italie. Cette intégration a été achevée en juin 2025, après quoi UniCredit a formellement demandé sa reconnaissance au titre du cadre du compromis danois.
La portée de cette décision dépasse un simple allègement du capital. La participation de 8.8 percent d'UniCredit dans Generali est devenue un point focal du redécoupage financier italien en cours, où l'offre d'Intesa Sanpaolo sur MPS et une dynamique de consolidation plus large redessinent les participations sectorielles. Intesa, qui est déjà qualifiée de conglomérat financier, a déclaré qu'elle conserverait sa participation dans Generali comme investissement en titres de capital selon la méthode de la mise en équivalence. La nouvelle autorisation dont bénéficie UniCredit la place sur un pied d'égalité en matière de traitement réglementaire, même si elle n'a pas encore obtenu le statut de conglomérat financier.
Le ratio CET1, qui mesure le capital de la meilleure qualité d'une banque par rapport à ses actifs pondérés des risques, s'établissait à 14.3 percent pour UniCredit à fin juin 2026. Avec l'application pro forma du compromis danois, il s'élève à environ 15 percent, ce qui offre une marge supplémentaire au-dessus des minimums réglementaires et une base plus solide pour les dividendes, les rachats d'actions ou les mouvements stratégiques.
Le compromis danois est un cadre réglementaire qui permet aux groupes bancaires d'éviter la double comptabilisation du capital lorsque des filiales d'assurance sont incluses dans les comptes consolidés. Plutôt que de déduire l'intégralité de la valeur des participations d'assurance du capital réglementaire, cette approche applique des pondérations de risque à la partie en fonds propres, ce qui aboutit généralement à un traitement moins punitif. Le cadre est reconnu depuis longtemps dans les juridictions nordiques et dans certaines juridictions d'Europe continentale, et son extension à UniCredit témoigne d'une acceptation réglementaire croissante dans la zone euro au sens large.
Pour UniCredit, l'autorisation simplifie l'arithmétique du capital autour de son positionnement intersectoriel. Alors que la banque navigue entre de multiples questions stratégiques simultanées, de sa participation dans Generali à ses ambitions d'expansion européenne plus larges, la flexibilité de capital supplémentaire lui offre une marge de manœuvre significative.
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